En séjour depuis jeudi, à Ouagadougou après 8 années d’exil en Côte d’Ivoire, Compaoré est condamné à la prison à vie dans le dossier de l’assassinat de Thomas Sankara en octobre 1987

Le collectif des avocats des parties civiles dans l’affaire Thomas Sankara, père de la révolution burkinabé, assassiné le 15 octobre 1987, dans un coup d’Etat qui avait porté Blaise Compaoré au pouvoir, a exigé vendredi, à Ouagadougou, l’exécution du mandat d’arrêt émis contre Compaoré, condamné à la prison à vie dans ce dossier en avril dernier par la justice militaire burkinabè.

« En vertu du principe de l’égalité de tous les Burkinabè consacré par la constitution, il n’existe pas de super Burkinabè aux yeux de la loi. Monsieur Blaise Compaoré est tout simplement un justiciable burkinabè contre qui un mandat d’amener a été décerné et il faut le répéter. Il n’y a absolument aucune raison pour que ce mandat ne soit pas exécuté « , a déclaré lors d’un point de presse Bénéwendé Stanislas Sankara, porte-parole du collectif des avocats de la famille Sankara.

Compaoré, 71 ans, ayant géré le Burkina Faso durant plus de 27 ans a été chassé du pouvoir par la rue en octobre 2014, alors qu’il tentait de modifier la Constitution burkinabè pour s’offrir un autre mandat.

Exilé depuis lors, en Côte d’Ivoire, pays voisin qui lui a accordé la nationalité, Compaoré est arrivé jeudi, à Ouagadougou dans le cadre d’une rencontre de haut niveau convoquée par l’actuel président de la Transition le Lieutenant-Colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, afin d’aller à une réconciliation nationale – qui va favoriser la lutte contre le terrorisme -, selon les autorités.

Cependant la présence de Compaoré à Ouagadougou, alors qu’il est sous le coup d’un mandat d’arrêt international a suscité de vives polémiques au Burkina Faso. Si ses partisans y voient un signe d’apaisement, ses détracteurs, notamment la famille Sankara et les défenseurs des droits de l’Homme estiment qu’il s’agit d’une défiance aux principes de la justice.

« Sur quelle base juridique, le chef de l’Etat ou un membre du gouvernement peut-il donner des garanties à quelqu’un qui est condamné qu’en rentrant au Burkina il ne serait pas inquiété ? Si ce n’est qu’empêcher l’exécution de la décision de justice. Ce qui est pour nous une défiance à la justice. C’est un discrédit qu’ils jettent sur la décision de justice « , s’est interrogé Me Prosper Farama, membre du collectif des avocats.

Pour le Mouvement burkinabè des droits de l’Homme et des peuples (MBDHP),  » la présence de Blaise Compaoré au Burkina s’est faite à l’invitation du Président du Mouvement Patriotique pour la Sauvegarde et la Restauration (MPSR), le Lieutenant-Colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, au mépris des règles et principes élémentaires de l’Etat de droit ».

Cette rencontre au sommet a porté principalement, selon Damiba, sur la recherche d’une paix durable au Burkina Faso. « En plus des efforts qui sont fournis par les forces engagées et l’ensemble de la population contre le terrorisme, il nous est paru opportun d’examiner avec nos prédécesseurs, les meilleures conditions qui pourront créer et forger une solide cohésion entre Burkinabè », a-t-il dit dans une déclaration.

Prévue pour réunir cinq anciens chefs d’Etat, finalement il ya que Blaise Compaoré et Jean-Baptiste Ouédraogo qui y ont pris part.

« Aucune région de notre pays n’est épargnée. Et nous avons appris récemment que plus de la moitié de notre territoire est hors contrôle : c’est effrayant, c’est dramatique ! », ont écrit dans une déclaration ces anciens présidents burkinabè appelant les citoyens à s’unir pour lutter contre le terrorisme.

La Présidence burkinabè n’a pas encore communiqué sur la date du retour de Compaoré en Côte d’Ivoire.

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