La semaine médiatique a été marquée, ces dernières semaines, par  les cas de rapatriement de migrants, essentiellement des Africains  subsahariens victimes de mauvais traitements en Tunisie. Une situation qui relance la problématique des défis de l’intégration des peuples sur le continent

 maliweb.net – Malgré la volonté de l’intégration africaine et les efforts de construction des « Etats-Unis d’Afrique » par les pères des indépendances, les ressortissants africains continuent de souffrir la croix et la bannière sur le continent.

En effet, les semaines passées, des centaines de ressortissants des pays d’Afrique subsahariens, dont des Maliens, Ivoiriens, Burkinabés, Ghanéens, Nigérians ont été victimes de certaines formes de ségrégations en Tunisie. Ces traitements humains et dégradants qui ont défrayé la chronique ont fini par être sanctionnés de cas de rapatriement par différents Etats concernés.

C’est ainsi que des Maliens, des Ivoiriens ont été forcés de regagner leurs pays respectifs grâce à l’aide de leurs autorités respectives. Et les témoignages faisaient état de sévices et autres traitements peu hospitaliers subis par ces « Africains » en terre tunisienne. Faut-il rappeler que ce pays et certains de ses voisins, de culture arabe, ne se sont jamais considérés comme étant pays du continent africain ? Des cas de tortures et traitements inhumains et dégradants n’ sont-ils pas signalés de temps en temps en Algérie, en Libye, en Egypte à l’intention des Noirs africains ? Pis, même en Guinée Equatoriale, n’a-t-on pas assisté à des sévices et autres exactions à caractère racial et xénophobe contre des Subsahariens ? Rien n’est moins et ces événements remettant en cause les efforts de renforcement de l’Union africaine. Que sont devenus aujourd’hui les principes  consacrés de la libre circulation des personnes et de leurs biens reconnus par l’UA ? Quid du droit d’établissement et de la volonté d’intégration des peuples africains ? Comment comprendre que malgré l’adoption des textes et conventions internationaux, les droits de la personne humaine soient encore constamment violés dans différents pays sur le continent ? Quel contenu donne-t-on aujourd’hui à la valeur légendaire d’hospitalité qui caractérise la culture africaine ? Comment comprendre que même la Guinée Equatoriale, dont la population est de peau noire, puisse aussi se livrer à des sévices et traitement d’humiliation et d’expulsion à l’égard de ressortissants d’Afrique au Sud du Sahara, qui sont aussi des Noirs ?

Il urge que les dirigeants africains se décident à franchir un nouveau palier dans l’intégration des peuples, dans la rencontre des civilisations. Cela, en mettant sur pied ou en renforçant les mécanismes existants au sein des organisations régionales et/ou continentales en vue de favoriser des rencontres interculturelles au-delà des frontières. Antoine de Saint-Exupéry ne disait-il pas « mon frère, si tu diffères de moi, loin de me léser, tu m’enrichis » ? Le brassage ou le métissage culturel devrait constituer un élément majeur de la coopération sud-sud, salvatrice pour nos pays.

Sans oublier que cette coopération doit être encouragée et servir de ferment à la problématique des transferts de technologie au sein du continent africain. Car, la construction de l’UA doit progresser vers une véritable coexistence pacifique des peuples sans considération des frontières.

Les dirigeants maliens, en particulier, dans le cadre de la nouvelle diplomatie, plus offensive de la Transition, doivent émettre de vives protestations contre ces maltraitances infligées par les Tunisiens à ces ressortissants. Cela peut passer par des actions diplomatiques fortes, en vue de sensibiliser les autorités tunisiennes sur ces situations regrettables, qui ne doivent pas se répéter ni dans ce pays, ou ailleurs sur le continent. Il est temps de brandir un véritable carton rouge contre ces scènes de rapatriement, sous la contrainte de sévices des diasporas sur la terre d’Afrique !

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