La corruption et la délinquance financière a été baissé dans le pays, depuis l’arrivée aux affaires des nouvelles autorités ? Les avis sont partagés, avec certains grincements de dents.

Surfant sur la soif de changement du peuple, les nouvelles autorités, issues des événements du 18 août 2020, ont rapidement promis le changement de la gouvernance du pays. Celle-ci doit, selon les discours, passer par « une lutte sans merci contre la corruption et la délinquance financière ».

Or, selon les spécialistes, cette croisade contre la mauvaise gouvernance n’est pas aisée du fait de diverses pesanteurs socioculturelles, mais elle est surtout un processus de longue haleine. Comment donc un gouvernement de transition, censé gérer le pays pendant quelques mois, peut-il efficacement combattre ce fléau ? Comment traquer la délinquance financière sans disposer des outils et mécanismes juridiques nécessaires à cette fin ? Par exemple, sans une Haute Cour de justice fonctionnelle, comment peut-on mettre en accusation des anciens ministres impliqués dans des malversations présumées ?

En effet, l’engagement à s’engager dans une « gouvernance vertueuse » semble avoir incité les autorités de la Transition à faire feu de tout bois pour poursuivre certains présumés fossoyeurs des deniers publics. C’est ce qui s’est passé avec le dossier de l’avion présidentiel et des équipements militaires. Dans ces dossiers, selon de bonnes sources, de nombreux magistrats instructeurs impliqués n’ont pu établir la constitution des infractions pouvant confondre les suspects. Ce qui avait plombé les ardeurs des parquets et du Contentieux de l’Etat, malgré l’existence de faisceaux d’indices sur d’éventuels détournements ou indélicatesses financières.

Mais, avec l’avènement de certains éléments d’appréciation, les dossiers ont été rouverts et « mis à jour » pour des magistrats plutôt disposés à « faire évoluer les choses ». C’est ainsi que, selon de récentes révélation du président de l’Association des Procureurs et poursuivants, Cheick Mohamed Chérif Koné, feu l’ancien Premier ministre Soumeylou Boubèye Maïga a été interpellé et placé sous mandat de dépôt dans l’affaire de l’avion présidentiel et des équipements militaires. Il ne sera pas jugé, mais gardé en détention jusqu’à sa mort, faute de soins appropriés à l’extérieur…

Idem pour l’ancienne ministre de l’Economie et des finances, Mme Bouaré Fily Sissoko, en détention depuis un long moment, alors même qu’elle ne cesse de clamer son innocence en réclamant que justice lui soit rendue. Et dire qu’une caution pour liberté provisoire de 500 millions de nos francs est demandée à la pauvre dame, qui se considère comme un véritable agneau sacrificiel sur l’autel de lutte contre la corruption et la délinquance financière ! D’autres exemples,  comme la détention de l’ancien ministre Mahamadou Camara, peuvent être cités comme des cas de « boucs émissaires » de  ce que les autorités ont appelé « la fin de l’impunité et la lutte contre la mauvaise gouvernance ». Sauf que, dans tous ces dossiers, l’on peine à voir les véritables coupables des malversations présumées sur nos deniers publics.

C’est cette situation qui pousse certains observateurs à se demander si la volonté de sévir contre la délinquance financière n’est pas un paravent pour séduire le peuple. Car, les Maliens sont assoiffés de voir une nouvelle gouvernance plus respectueuse des ressources publiques. Et tous les chemins sont bons pour faire croire qu’on est décidé à châtier les délinquants financiers supposés de l’ancien régime. Mais, comme le disait un grand homme d’Etat, « l’on peut tromper une partie du peuple, tout le temps, mais, nul ne peut tromper tout le peuple tout le temps !

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